Qui ne l’aura pas remarqué ces quelques derniers mois ? Le relief revient en force et se retrouve même sur le premier plan de la scène, que ce soit chez les producteurs de contenus, dans les médias qui apparemment semblent s’en donner à coeur joie pour faire couler de l’encre autour de ce nouveau médium, que certains pressentent comment une véritable fraîcheur s’abattant sur l’industrie.
Mais si le grand public peut désormais savourer les plaisir d’une immersion stéréoscopique-3D et non plus anaglyphique (qui se souvient encore de “La Créature du Lac Noir” avec ses lunettes rouge et vertes). Quelques spécialistes du genre exercent justement leur savoir faire de stéréographe depuis plus d’une vingtaine d’année, s’adaptant peu à peu aux évolutions technologiques, mais ce n’est que récemment avec les installations massives de salles de cinéma et l’arrivée progressive d’écrans à destination du grand public, que leur savoir-faire peut enfin sortir du cercle relativement fermé des parc d’attractions, musée ou autre domaines extrêmement spécifiques comme la recherche, la visualisation scientifique ou aéronautique. James Cameron tient sans doutes une part de responsabilité conséquence dans le phénomène avec la déferlante marketing accompagnant sa bombe Avatar ; une vague qui n’a d’ailleurs pas fini de faire parler d’elle avec les suites annoncées et les éditions spéciales comportant de nouvelles scènes…
Certains précurseurs ont senti le vent tourner avec une certaine avance, dont justement l’équipe du salon Dimension3, qui se déroule désormais en région parisienne. Cette quatrième édition s’est déroulée les trois premiers jours du moins de juin dernier en Seine St-Denis, et évoquer le dernier poulain de James Cameron dans cette introduction n’est pas un hasard, car on peut clairement affirmer qu’il y avait Dimension3 avant Avatar, et un Dimension3 après.
Si le relief tient donc une part importante dans la ligne éditoriale du salon, Dimension3 se veut avant tout dédié à l’écosystème des nouvelles images, et cela au sens large. Si la stéréoscopie se retrouve avec une part importante du programme à travers toute une série de projections et de conférences dédiées, nous reviendrons plus bas sur les autres axes de développement de la manifestation, qui offrent également une fenêtre bien plus larges sur la discipline, se penchant notamment sur les technologies émergeantes autre que le relief, et les enjeux économiques se cachant derrière ces nouvelles approches de production.
Confortablement installé au cœur des studios de la Plaine St Denis, dans les mythiques Entrepôts et Magasins Généraux de la Ville de Paris, l’espace Pullman un lieu classé au Patrimoine Culturel National, l’espace s’avère idéal tant historiquement, que géographiquement pour accueillir les professionnels du secteur. Les 2000 m² du salon se divisent en plusieurs espaces distincts allant d’un espace d’exhibition accueillant en premier lieur des exposants technologies hardware et software de tous horizons. Éditeurs, constructeurs, distributeurs et même studios se regroupent ainsi dans cet espace, chacun avec la même volonté : présenter son savoir-faire, généralement une ou plusieurs technologies inovantes, et vendre ou partager cet expérience en tentant l’aventure sur de nouveaux projets. Quand on parle de relief, on s’oriente très vite sur des projets devant faire appel à des dispositifs de capture stéréo de haut niveau, capables de gérer des formats 2K, 4K, RAW, et des système de rig caméras divers et variés. Les principaux acteurs de captures et de restitutions de contenus stéréoscopiques ont ainsi pu ravir les professionnels, toutes confessions confondus, en leur proposant un accès direct entre ces différents supports encore peu répandus. De 3D-One qui propose des caméras stéréoscopiques HD toutes options, en passant par des systèmes hybrides comme le 3D-Shot, une solution de production relief pour les petits budgets mis au point par société 3DTV.
Une grande partie de la chaîne de conception, production et fabrication se regroupe ici, et l’on retrouve même les incontournables acteurs grand public tels que Sony ou Nvidia, respectivement très fiers de revendiquer haut et fort que leurs solutions de consoles ou de cartes graphiques, offrent d’ors et déjà d’excellentes alternatives visant à profiter de films ou de jeux existant en relief, confortablement installé dans son salon, moyennent évidemment un écran adapté…
Et justement, quand on évoque le relief, on pense avant tout aux systèmes de diffusion et là-dessus personne n’est encore tout à fait d’accord. Les constructeurs d’écrans rivalisent de technologies aux noms plus affriolants les uns que les autres comme Sony, Panasonic, Thomson, ayant besoin de distinguer leurs atouts auprès de monsieur tout le monde, il en va autrement chez les rares constructeurs apportant une véritable innovation dans le domaine. Prenons par exemple TrioViz, qui propose une étonnante technologie de visualisation, ou encore Alioscopie développant depuis plusieurs années une gamme d’écrans auto-stéréoscopiques, et ne cesse d’affiner leur technologie. Qu’il s’agisse de la taille des dalles qui augmentent chaque année, mais aussi les zones d’incidences avec le spectateur qui tendant à s’affiner. Car si l’effet de relief sans lunette proposée par les constructeurs fonctionne étonnamment bien, il faut se trouver à une distance suffisante de l’écran et dans un axe bien particulier pour que la magie opère. Parfait pour faire des tests en studio, mais pas encore toujours au point pour regarder un film en famille le dimanche. Même chose du côté du constructeur germanique Tridelity, qui propose une gamme d’écrans auto-relief tout à fait intéressante qu’il nous faudra impérativement tester prochainement afin de les comparer et vous en dire un peu plus sur les atouts de ce type de solutions dans le cadre d’une production.
On pourra constater l’absence notables de solutions de projection relief ou même de fabriquant de lunettes encore assez discret, mais le salon étant encore jeune, on peut imaginer que ce type de prestataires finiront par faire leur apparition tôt ou tard.
D’ailleurs, il est tout à fait appréciable de constater la présence de sociétés éditrices ou même d’agences de communication, prenant les devants sur les technologies de demain, en proposant des solutions de projections holographiques, ou semi-holographique tout à fait bluffantes. Dans la même veine, la réalité augmenté prend elle aussi une part de plus en plus importante, et on peut se laisser rêver à un futur proche où tous ces axes de développement finiront par converger…
L’autre volet majeur de la manifestation concerne évidemment les rencontres entre professionnels, dont voilà quelques thématiques qui vous donneront une idée plus précise du contenu mis en avant cette année : Vision stéréoscopique et perception – Quels contenus pour les écrans autos stéréoscopiques ? – La narration en relief : Mythe ou Réalité ? – S-3D et nouvelles images pour la communication in door/outdoor. – 2D/3D conversion quelles applications – Technique de narration. Le programme se composait cette année de plus de 35 conférences abordant les aspects majeurs de la production de contenus stéréoscopiques. Regroupés autour de quatre thématiques majeures (Technologie, Création, Business et Économie), le contenu des présentations couvre un large panorama de domaines : enjeux technologiques et marché, en passant par les techniques de captures et de production, les nouveaux formats et codecs de fichiers, les aspects scientifiques et psychologiques liés à la perception visuelle, l’immersion et l’interactivité. On trouvait en parallèle, une série d’ateliers professionnels prenant la forme de workshop, permettant d’aller plus en profondeurs dans des sujets concrets, comme l’écriture ou la remise en question de la grammaire narrative pour la stéréoscopie, le mise en valeur des contraintes et mise en pratique d’un tournage multi-camera, etc.
L’axe économique prend également une place importante cette année, avec près d’une dizaine de conférences liées au financement, à la recherche et à l’ouverture de la stéréoscopie sur d’autre domaine de que vidéo-ludique, ou “entertainment” comme aiment à dire les spécialistes, en s’intéressant aux domaine de la communication, de l’événementiel, ou des applications industrielles ou médicales. Encore un peu discret cette année, la place donnée aux centre de formation ne comptait encore que trop peu d’instituts, mais la prestigieuse École des Gobelins, notamment célèbre pour la qualité de son enseignement en animation, a eu l’occasion d’animer un passionnant atelier sur le thème “3D et temps réel, du photoréalisme à la réalité augmentée”.
En marge de ces ateliers, la dimension pédagogique de l’évènement marque des points cette année avec le lancement d’un Campus destiné aux professionnels de l’image souhaitant combler leur lacunes quand aux nouvelles approches de production que demande la stéréoscopie. Partant du constat que le relief va devenir un enjeux important dans les production à venir ces prochaines années, il est impératif que les professionnels soient dès à présent formés aux techniques et contraintes que demande la discipline pour être exercée avec méthode, en vue d’offrir une expérience agréable aux spectateurs. Cette formation propose ainsi d’acquérir les bases indispensables à la production de projets en relief, faisant ainsi le tour de toute la chaîne créative et technique de l’image relief (écriture, production, mise en scène, tournage, post-production et diffusion).
Afin de réunir les publics professionnels et passionnés, le festival propose depuis ses débuts une sélections de films gravitant autour d’une compétition, qui accueillait cette année pas moins de six catégories distinctes : Programmes courts (court-métrage, films publicitaires, clip musical), Programmes longs (long-métrage), Live 3D (spectacle vivant, concert, sport…), 3D Interactive (3D temps réel, immersion 3D, réalité virtuelle, réalité augmentée…) Jeu vidéo et divertissement (DVD, jeu en ligne, programme de parcs à thèmes…) et pour finir les Films d’écoles et les productions indépendantes qui font toujours sensation auprès des visiteurs.
Si Dimension3 se destine avant tout aux professionnels, la manifestation ne tourne pas pour autant le dos au grand public, bien au contraire. L’évènement s’accompagne de quinze jours de programmations itinérantes dans différents espaces clés de la Seine-Saint-Denis. Les organisateurs mettent ainsi à disposition une bonne partie du contenu du festival et organisent chaque année un peu plus de projections à l’attention du grand public et bien évidement des écoles. On trouve même cette année une exposition didactique retraçant l’histoire du relief dans les halls d’accueil des salles cinéma participant à l’opération ; près d’une dizaine de villes se sont prêtées au jeu.
Pour un salon encore jeune, l’équipe de Dimension 3 peut se venter d’être déjà devenu une plate-forme de rencontres professionnelles incontournable dans le petit milieu de l’image stéréoscopique, et même peut-on dire, des nouvelles images en général. La convivialité du cadre et ses larges espaces de démonstration permettent une prise en main ouvertes aux fabricants, éditeurs, prestataires, producteurs d’images immersives, interactives et relief, gravitant autour de conférences et rencontres variés, abordant avec conscience et pertinence chaque facette clé de la production d’images stéréoscopiques.
Si le versant dédié à l’industrie du cinéma s’avère pour l’heure plus prépondérant que les autres secteurs, il y a fort à parier que le jeu et les applications liées à l’industrie, l’événementiel, la recherche ou le médical devrait prendre une place conséquente d’années en années. Pour résumer, nous voilà face à un marché encore très jeune mais qui tend peu à peu vers une maturité certaine, s’appuyant sur un évènement très prometteur. Après cinq ans d’existence, Dimension 3 arrive a préserver sa dimension humaine, favorisant ainsi les rencontres dans la bonne humeur, donnant ainsi le temps de se poser les bonnes questions et d’envisager des collaborations futurs. Nous verrons comment évolueront les prochaines éditions, le rendez-vous pour 2011 est déjà pris !






J’étais présent cet été sur le salon en tant qu’exposant.
J’ai assisté aux conférences et j’ai regardé les stands. C’est assez impressionnant comment la stéréoscopie a évolué que ce soit sur le support TV, cinéma ou même dans le jeu vidéo.
Bref, si j’ai l’occasion de pouvoir y aller en 2011, j’y serais
J’ai été présente sur le site durant les 3jours. J’ai participé aux différentes conférences ainsi qu’aux workshop.. et c’était pas mal intéressant.
Qu’on soit étudiant (avec pas mal de questions) ou professionnel, les exposants étaient bien présents pour répondre à tout cela.
Si j’ai l’occasion d’y aller en 2011.. je fonce